Année de la Shmita

A Roch Hachana 2021 a commencé l’année de la shmita ou année sabbatique de la terre qui se produit tous les 7 ans. La terre d’Israël doit être laissée en jachère pour toute l’année, afin de lui redonner vie.

Selon la loi de la shmita, la terre retourne pendant cette année à son état originel, sans propriétaire. Par conséquent tout ce qui y pousse n’appartient à personne et il est interdit d’agir pendant cette année pour augmenter les récoltes : planter, tailler, labourer ou récolter les fruits et légumes par des méthodes habituelles.

Cela ne veut pas dire qu’il faut laisser pourrir sur place les fruits et légumes qui auront poussé naturellement, il est seulement interdit de les stocker ou de les vendre.

Les jardins communautaires ont adopté cette idée et ont diffusé dans leurs quartiers les horaires où tout un chacun pouvait venir cueillir les produits et les emmener chez lui, même s’il n’a aucun lien avec le projet. Ce partage crée une atmosphère positive dans la communauté et encourage les gens à manger plus sainement. Cela participe à la promotion des jardins communautaires.

Un avocat israélien, Sandy Colb, spécialiste des questions de propriété industrielle, a créé une ferme dont les récoltes sont destinées à 35 ONG du type restos du cœur en Israël. Sa ferme produit 50 tonnes de légumes et de fruits par an. Sandy Colb s’assure que toutes ses récoltes respectent strictement la loi de la shmita. La plupart des arbres fruitiers produisent des fruits formés avant que ne commence l’année de la shmita, ils peuvent donc être récoltés sans problèmes. Les fruits qui se forment après le début de la shmita sont récoltés l’année suivante. Pour les légumes il faut les replanter chaque saison. Certains peuvent être plantés avant le début de la shmita pour être récoltés après la fin de celle-ci. Sandy Colb met un point d’honneur à embaucher durant l’année de la shmita le même nombre d’employés que les années « normales ».

hothouse of growing tomatoes

Hothouse tomatoes growing at Hatov V’Hameitiv charity farm. Credit: Sandy Colb.

Ce commandement est l’une des fondations de la pensée juive concernant la protection de l’environnement et le développement durable. Cela ne concerne que la terre d’Israël dont les limites ont été définies dans la Bible. Ne sont donc pas concernées les plantes produisant de la nourriture en dehors de ces limites. Ainsi les terres agricoles de la vallée de l’Arava ne sont pas concernées par ces interdictions. De même toutes les cultures effectuées hors-sol, par exemple les cultures hydroponiques.

Pour empêcher que l’agriculture israélienne ne s’effondre lors des premières vagues importantes d’immigration, les rabbins inventèrent le concept de ‘Heter Mehira’ selon lequel les terres agricoles peuvent être temporairement vendues à des non-Juifs pour un an. Cette pratique est toujours en vigueur aujourd’hui.

Ag-tech (technologies agricoles) pour la shmita

Dans les années 1950, le ministère israélien de l’Agriculture a créé dans le cadre du Centre Volcani une unité consacrée aux recherches sur la shmita.

Dirigée par Moshe Sachs, un des fondateurs du Kibboutz Shaalbim, cette unité a testé diverses solutions permettant de cultiver sans violer les lois de la shmita, comme, par exemple, faire pousser des roses dans des meules de foin et non dans le sol.

Utilisant les recommandations de l’Institut pour la Torah et la Terre d’Israël (Machon HaTorah v’Haaretz), la SPNI a aidé la centaine de jardins communautaires qu’elle a lancés à suivre les lois de la shmita.

 Cultiver un jardin maraîcher

Pour respecter l’injonction concernant les récoltes sur la Terre d’Israël durant cette année, la SPNI aide les jardins communautaires à préparer des parterres de fleurs qui ne sont pas « dans la terre ». Ces parterres sont construits avec une couche de nylon qui les isole de manière imperméable du sol. Ces parterres de fleurs ont aussi des murets et un toit qui les séparent de manière sure de la terre.

Durant tout l’été, la SPNI a organisé des ateliers à Beerchéva, Haïfa, Jérusalem et Tel-Aviv pour montrer aux jardiniers comment préparer ces parterres de fleurs à l’aide de matériaux disponibles et bon marché. Plus de 150 personnes y ont participé. 

Selon la loi de la shmita, la terre retourne pendant cette année à son état originel, sans propriétaire. Par conséquent tout ce qui y pousse n’appartient à personne.  Les jardins communautaires ont adopté cette idée et ont diffusé dans leurs quartiers les horaires où tout un chacun pouvait venir cueillir les produits et les emmener chez lui, même s’il n’a aucun lien avec le projet. Ce partage crée une atmosphère positive dans la communauté et encourage les gens à manger plus sainement. Cela participe à la promotion des jardins communautaires.

 L’élimination des déchets

Comme les fruits et légumes qui poussent cette année en Israël sont considérés comme saints ils ne peuvent être jetés simplement avec les ordures. Pour cela beaucoup d’Israéliens utilisent des sacs poubelles séparés et, là où cela est disponible, les poubelles marrons spéciales pour les déchets organiques. Les jardins communautaires de la SPNI en profitent pour offrir leurs services de compostage, les déchets organiques se transformant ainsi en engrais verts qu’ils peuvent ensuite utiliser.  La plupart des municipalités israéliennes ont mis en place cette collecte séparée des ordures et l’année de la shmita est une excellente occasion pour amener de plus en plus d’Israéliens à adopter cette pratique. 

Réduire la Consommation

L’année de la shmita est une bonne occasion pour réfléchir sur nos modes de consommation. Quand toutes les récoltes sont saintes, on peut se poser des questions sur ce que nous achetons, consommons et jetons en termes de nourriture.  L’un des préparatifs pour la shmita dans les jardins communautaires de la SPNI a été de vérifier l’état des systèmes d’irrigation qui y sont installés afin de s’assurer que l’eau n’est pas gaspillée et que le montant délivré à chaque plante est celui dont elle a vraiment besoin et qu’il n’y a pas de fuites. 

 

Nouvelles Opportunités

preparing an elevated growing bed

Des projets d’étude sur les textes religieux et laïques dans les jardins communautaires, concernant les notions d’environnementalisme, de consumérisme et de développement durable, ont été mis en place.

 Autre projet, la SPNI va installer des jardinières où faire pousser des douzaines de plantes différentes dans 50 écoles maternelles de la région de Modi’in. Selon des études effectuées en Inde, les plantes améliorent de manière significative la qualité de l’air dans l’école, réduisant la poussière et les polluants qui s’y trouvent et augmentant sa teneur en oxygène. Cette amélioration de la qualité de l’air permettra de booster le développement des enfants et incitera les élèves à étudier la nature.

La shmita est avant tout liée à la Terre d’Israël, mais c’est aussi une opportunité pour réfléchir à notre rapport à la planète, à ce que nous consommons et pour essayer d’autres solutions

Norbert Lipszyc

Références :

https://www.algemeiner.com/2021/09/03/rosh-hashanah-and-the-shmitah/

https://www.jns.org/jews-worldwide-join-israels-farm-families-for-challenges-and-blessings-of-shmita-year/