Nées en liberté – dans la ville

Anna Borenstein

 

Trois ans après sa création, juste à temps pour Pessach, la Pâque juive, la Vallée des gazelles de Jérusalem est heureuse de célébrer la naissance de deux merveilles, encore un peu chancelantes sur leurs pattes, Ruby et Pessach, qui augmentent significativement la taille de cette communauté.

Gazelle fawn. Photo: Ayala Becker

Pendant la semaine de Pessach, 18͏ 000 visiteurs sont venus au Parc des gazelles pour célébrer son troisième anniversaire et se réjouir de la magie des deux bébé-gazelles, nées libres dans ce parc de 26 hectares, oasis naturelle entourée d’un centre urbain contenant un centre commercial, une pépinière hi-tech et un stade de football.

Le parc avait organisé toute une série d’activités pour les familles, incluant une chasse au trésor, des pièces jouées par des enfants sur les thèmes de Pâque, de la protection de l’environnement et de la durabilité, des jeux et un défilé musical. Un peu partout dans le Parc, des rangers guidaient des randonnées dans la nature, y compris la « Recherche et la cueillette de plantes comestibles » ou un atelier « Abeilles et ruches » comprenant une ruche en service.

L’activité la plus populaire fut sans conteste les votes pour choisir les noms des bébé-gazelles. Le public devait choisir entre quatre noms : Ruby (d’après le diminutif du président de l’état Reuven Rivlin), Ze’evik, Pessach et Pharaon.

Les urnes étaient pleines à craquer selon Yael Hammerman Solar de la SPNI qui dirige ce parc. Ruby et Pessach arrivèrent en tête ex-æquo avec 512  voix chacun. Et ainsi furent nommés les enfants de Hasah et Yohana.

Ceux qui connaissent l’histoire du lieu sont reconnaissants que les faons ne soient pas nés quelques années plus tôt, leur futur aurait alors été en danger. Le parc de la Vallée des Gazelles a été établi en 2015,  en coopération entre la SPNI, la municipalité de Jérusalem et la Fondation de Jérusalem qui finance la maintenance du parc. Il représente une victoire dans la bataille de 20 ans qui opposa la SPNI aux promoteurs immobiliers. 

La zone était parsemée d’arbres fruitiers et servait d’habitat à des centaines de gazelles jusqu’aux années 1980 où des développements rapides réduisirent fortement les troupeaux. En 2000, un plan de construction de 1400 appartements aurait é condamné à mort cette vallée bucolique si un groupe d’activistes, rejoint par la SPNI, ne s’étaient mobilisés. La communauté elle-même lança un plan de développement d’un parc urbain et la cour trancha en sa faveur. Le premier parc urbain d’Israël naquit ainsi, il est toujours le plus étendu.

Rubi one of two new gazelle fawns at the park. Photo: Matan Kuperman

Trois ans plus tard, Ruby et Pessach ont rejoint la troupe qui comprend maintenant des douzaines de gazelles, un beau bond en avant depuis le groupe des 6 qui survivaient en 2015.

« Nous sommes heureux que le troupeau se porte si bien et que les nombreux visiteurs du parc (160 000 par an) peuvent prendre conscience des menaces qui pèsent sur les nombreux animaux vivant dans ce parc » a déclaré Hammerman Solar à cette occasion.