La politique de la SPNI envers la plateforme gazière du gisement Léviathan

Durant les derniers mois, des résidents israéliens et des groupes environnementaux (surtout locaux) ont protesté contre la localisation de la plateforme gazière sur le gisement Léviathan qu’il est prévu de construire à environ 10 kms de la côte. Les protestataires, qui ont fait connaître leurs objections et exigent que la plateforme soit construite bien plus loin au large, à 120km de la côte, ont demandé à la SPNI quelle était sa position sur ce sujet.   

La SPNI, en tant que principal organisme de protection de l’environnement en Israël, a consacré beaucoup d’efforts à la protection de l’environnement marin et de la santé publique. Elle admire les résidents et activistes qui se sont engagés dans la bataille pour la mise en œuvre de normes environnementales plus rigoureuses. La SPNI est un partenaire résolu de ces activistes, elle demande plus de transparence ainsi que l’inclusion du public dans les processus d’extraction du gaz naturel en Israël. Nous continuerons à travailler en étroite coopération avec les parties prenantes légitimes pour l’adoption de ces normes par l’administration publique.

Dor Beach Photo Tzvika El-Az

Cela dit, il est important de clarifier le fait que notre position est différente de celle des résidents en ce qui concerne la localisation de la plateforme gazière.  Alors que la campagne locale cherche à repousser celle-ci à 120 km de la côte, la SPNI ne s’oppose pas à la situation prévue dans le Plan directeur national #37 qui avait été adopté en suivant un processus de planification qui avait duré plusieurs années.

Notre campagne cherche avant tout à obtenir que, quel que soit le lieu où la production de gaz se fasse, que ce soit dans la zone d’intérêt économique ou dans les eaux territoriales, des pratiques de production adaptées et sures soient utilisées,  minimisant le danger auquel sera exposé le public et l’environnement autant qu’il est possible. Notre position est soutenue par d’autres organismes publics de protection de l’environnement comme la haute autorité des Réserves naturelles et parcs d’Israël et le Ministère de la Protection de l’environnement ou ONG comme Eco Ocean et Adam Teva V’din

Ces organismes environnementaux soutiennent la transition du mix énergétique d’Israël des combustibles fossiles vers le gaz naturel et les énergies renouvelables,  bien moins dommageables pour les humains comme pour l’environnement. Comparé au charbon ou au pétrole, le gaz naturel a un coefficient énergétique plus élevé et émet bien moins de gaz à effet de serre. La transition de l’économie israélienne vers le gaz naturel permet de réduire significativement le taux de pollution de l’air. Elle représente une priorité environnementale à laquelle le public israélien est très sensible.

La SPNI a défendu et défend une transition vers des énergies renouvelables comme le solaire, mais ce processus est lent et fait face à diverses obstructions administratives et économiques. Le passage au gaz naturel est la meilleure alternative à court terme, jusqu’à ce que la production à partir de sources d’énergie renouvelables se développe à grande échelle.

En attendant, les centrales à charbon peuvent être  arrêtées, en particulier celle de Hadera, remplacées par des centrales à gaz plus fiables et bien moins polluantes. La SPNI pense que repousser une plateforme gazière trop loin en mer présente un risqué élevé car la réglementation environnementale n’y est pas applicable et ne permettrait pas un contrôle public de ce qui s’y passe.  Cela menacerait l’écosystème marin et représenterait un risqué pour la santé.  

Photo Ohad Tirosh.

Ce sujet est particulièrement important en ce qui concerne le gisement Léviathan qui a pour Israël une énorme importance stratégique. Si la plateforme était repoussée loin en mer, les entreprises qui exploitent ce gisement pourraient le faire sans contrôle. Ce serait une grave erreur et un risque élevé pour l’environnement d’Israël.

Il faut noter que l’emplacement prévu pour cette plateforme résulte de l’accord entre toutes les parties prenantes ayant abouti au Plan Directeur  #37 adopté par tous. Durant des mois, des experts de trois organisations environnementales ont évalué tous les risques de pollution environnementale et conclu que la plateforme devrait être construite à environ 10 km de la côte.

En se basant sur toutes les données techniques, et en accord avec l’analyse conduit par le Ministère de la Protection de l’Environnement, la pollution de l’air causée par la plateforme gazière sera très faible et très inférieure aux normes admises. Il est évident qu’il y aura une certaine pollution de l’air, mais  elle sera inférieure à celle qui est mesurée aujourd’hui, résultant d’autres causes.  La construction de la plateforme est déjà bien avancée et il n’y a donc aucune raison valable pour la déplacer. .

Tout déplacement retarderait de plusieurs années la production de gaz du gisement Léviathan, obligeant à subir pendant tout ce temps les niveaux de pollution de l’air plus élevé causés par les moyens de production d’énergie et autres usages industriels d’aujourd’hui. Si la construction était retardée elle obligerait aussi le gouvernement à repousser sa décision de fermer la centrale à charbon de Hadera qui continuerait à être l’une des principales sources de pollution de l’air en Israël.  

Au total, malgré un risque de pollution de l’air élevé pendant quelques jours en cas de mauvais fonctionnement de la plateforme, il est important de ne pas retarder sa mise en service et de se concentrer plutôt sur les moyens de minimiser ces risques de mauvais fonctionnement par une supervision accrue et la définition de procédures adaptées, ce que l’on peut imposer par la réglementation car la plateforme se trouve entièrement à l’intérieur des eaux territoriales. La SPNI dans les années à venir va fixer son attention su ces objectifs.

Comme d’autres parties prenantes, la SPNI demande que les mesures de sécurité les plus strictes soient imposées aux exploitants de la plateforme, de sa construction à sa mise en production, dont le processus devra être étroitement surveillé par le public et par l’état. Nous sommes convaincus que Noble Energy et ses partenaires doivent assumer la pleine responsabilité à chaque étape, se conformer strictement à toutes les lois environnementales et travailler en pleine transparence selon les normes en vigueur. Nous ne tolèreront rien de moins.

En même temps, l’état doit imposer la réglementation la plus stricte et, pour minimiser tout impact environnemental, les outils de contrôle les plus avancés de surveillance de la pollution de l’air et lumineuse, de la biodiversité et des écosystèmes marins et des risques de fuites de gaz ou de fuel. Enfin, l’état doit disposer de tous les moyens nécessaires pour traiter de manière adéquate les cas de pollutions, fuites ou désastres éventuels.  

En conclusion, vu la grande importance d’utiliser le gaz naturel comme principale source d’énergie à court terme, et après avoir comparé cette source aux autres, la SPNI pense que la plateforme gazière doit être construite selon le plan originellement approuvé, tout en respectant les normes environnementales les plus strictes possibles.