Randonneur canadien sur le grand sentier national, le GR1 d’Israël

Daniel Baylis

Beaucoup d’habitants des villes vont randonner sur de longues distances comme antidote à la routine du “métro-boulot-dodo” de la vie en ville.

Je suppose que ce fut l’une des raisons qui m’ont fait parcourir le GR1 d’Israël qu’on appelle là-bas le sentier national d’Israël (SNI) : je voulais me libérer du bruit de ma vie.  

Mediterranean coastline. Photo Daniel Baylis

Oui, le SNI  offre des terres agricoles bucoliques, de longues étendues de régions sauvages, mais ce qui différencie le sentier d’Israël est son cadre historique complexe. La Terre Sainte a été la destination des pèlerinages depuis l’antiquité. Sans être un zélote spirituel, je voulais voir par moi-même ce coin du monde qui semble, à mon regard extérieur, incroyablement complexe.

 Arbel Mountain. Photo Daniel Baylis

En février 2015, je suis arrivé en Israël avec mon sac à dos et mon ambition. Je n’avais j’avais randonné sur de longues distances dans ma vie, mais je partais de l’hypothèse qu’avec le soutien technique d’un ami,  nommé Igal (qui avait déjà parcouru le SNI), je pourrais réussir. 

J’ai commencé prudemment.

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J’ai débuté mon voyage dans le nord, de Tel-Dan à Tel-Aviv. Le départ fut boueux, je n’ai croisé aucun autre randonneur au long cours pendant des semaines. J’étais prêt à abandonner.  Mais mes jambes se sont musclées et j’ai commencé à me sentir plus confiant. La générosité des “anges du sentier” a, été le facteur vital pour me redonner le moral.

 

Pour la deuxième étape, j’ai quitté le SNI pendant 2 semaines pour parcourir le sentier Masar Ibrahim en territoire palestinien. Accompagné d’un guide, Mohammed, nous avons marché de Djénine à Jéricho. J’ai été hébergé chez des Palestiniens. La nourriture était incroyable, les gens très accueillants.  

Wadi Dishon. Photo Daniel Baylis

La troisième et dernière étape, la plus longue, m’a conduit de Jérusalem à Eilat. C’est celle qui me semblait le plus grand défi avant mon départ. Au Canada, les paysages que l’on traverse en randonnée sont généralement frais, humides et verts. Le Désert du Néguev en est l’opposé absolu, chaud et aride. Lentement, je suivais mon chemin et, à ma grande surprise, je commençais à croiser d’autres randonneurs. J’ai dansé avec des Bédouins. J’ai passé Pessach près du “Grand cratère” (HaMakhtesh HaGadol) avec une famille venue des hauteurs du Golan.  J’ai rencontré un randonneur venu de France. Paradoxalement, le désert n’est pas aussi désert que cela.


Overlooking Ramon crater. Photo Daniel BaylisPour moi, parcourir à pied Israël et les territoires palestiniens fut un voyage initiatique. Vu la complexité des frontières, des paysages, visiter les territoires palestiniens, traverser le Néguev à pied, ne sont pas cependant pour tout le monde.

Ces mots et photos ne forment pas un itinéraire, c’est simplement un regard sur comment un Canadien a eu l’expérience de la région.

Je continue à parler de mon voyage car c’est le type de récits qui ne font jamais la une des medias. Mon récit n’est pas conflictual, ce n’est pas un cri destine à être entendu : une personne traverse calmement à pied Israël et la Palestine — et tout va bien.

 

 Imaginez.

 

 

 

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Daniel Baylis est écrivain et photographe. En tant que photographe official pour le site canadien  The Great Trail, il passe la majeure partie de l’année à visiter et photographier des sentiers dans tout le Canada. Il est en cours d’écriture d’un livre de mémoires sur son expérience de randonneur en Israël et dans les territoires palestiniens. Daniel est récemment revenu en Israël pour photographier des sections du SNI.