La déontologie de la photographie de nature en Israël

Photographier la nature est un hobby passionnant. C’est aussi un outil important pour sensibiliser le public et promouvoir la préservation de la nature. Les photographes de nature israéliens sont des amoureux fous de celle-ci et feront tout pour la protéger.

Toutefois, la prolifération de photographes ces dernières années et la diffusion immédiate de leurs œuvres sur les réseaux sociaux peuvent provoquer des actes dangereux et causer des perturbations graves pour la flore et la faune sauvage et pour eux-mêmes.

Le but de ce document, écrit conjointement par la Direction du Service des Réserves naturelles et parcs nationaux, la SPNI et l’Association de la photographie de nature d’Israël, est de créer un code de déontologie pour les photographes de nature du pays, leur donnant un ligne de conduite lorsqu’ils photographient la vie sauvage, et en particulier les oiseaux, sans causer de tort ni aux plantes ni aux animaux ni à leurs habitats.

Nous demandons à tous les photographes de lire ces lignes directrices et de les respecter à chaque fois où ils sont sur le terrain.

Bee-eater Photo Yoav Perlman SPNIPrincipales lignes directrices:

  • Photographier des oiseaux en train de nicher est toujours inacceptable et de telles photos ne seront jamais acceptées ni prises en compte dans tout concours, exposition ou forum de photographies. Les nids et aires de nidification sont des zones hors limites et il ne faut pas s’en approcher en quelque circonstance que ce soit. De plus, des oiseaux en train de couver ou nourrir leurs oisillons doivent toujours être évités car ils seraient impactés négativement par toute perturbation à leur zone de nidification. 

Modifier la zone de nidification pour faciliter la prise de vues est strictement interdit. Toute modification du paysage, y compris le fait d’ajouter, retirer ou couper des rameaux ou des feuilles ou tout autre élément de décor à proximité des zones de nidification perturbe gravement les oiseaux en train de nicher, directement et indirectement.  

  • Sortir des sentiers balisés ou se déplacer en véhicule tout-terrain dans des habitats naturels peut endommager gravement la flore et la faune,  insectes, reptiles, rongeurs et espèces construisant des nids au ras du sol. Ces actions doivent donc être évitées et il faut respecter tout panneau du Service des Parcs nationaux et réserves naturelles ou de toute autre autorité officielle.

 

  • Les photographes de nature doivent éviter de se rassembler en nombre dans les zones d’habitats des oiseaux, et ils ne doivent y rester que peu de temps, surtout dans le cas “d’attractions,” comme les oiseaux rares ou migrateurs qui font une pause pour boire ou se nourrir. Même si cela n’est pas de premier abord évident, la présence en un même lieu de plusieurs photographes endommage l’environnement et donc impacte la capacité des oiseaux à survivre.
  • Un bon photographe de nature s’est au préalable familiarisé avec la flore ou la faune qu’il désire photographier. Tous doivent faire l‘effort de consulter les spécialistes de l’espèce qu’ils veulent photographier pour savoir quelles sont leurs vulnérabilités et ce qui menace leur survie afin d’éviter de faire des erreurs qu’ils regretteraient ensuite.

Nous encourageons les observateurs d’oiseaux passionnés à contacter les centres ornithologiques situés dans toutes les régions d’Israël pour y être renseignés sur les restrictions d’accès à certaines zones, et recevoir des conseils qui développeront leur expérience en photographie

 Little owl. Photo Yoav Perlman SPNIAutres lignes directrices spécifiques ou liées aux saisons

Vu la diversité d’espèces d’oiseaux, les variations de leurs vulnérabilités (niveau de risque d’extinction par exemple), leur sensibilité à la présence humaine, et la facilité d’accès du grand public aux zones de nidification, des lignes directrices spécifiques sont nécessaires.

Nous demandons aux photographes d’adopter les pratiques suivantes :

 

  • Evitez de pénétrer du 1er mars au 30 juillet dans les carrières où nidifient des oiseaux, que ce soit à pied ou en véhicule. Les espèces suivantes nichent dans des carrières : le guêpier d’Europe, le hibou grand-duc, la chouette chevêche et d’autres espèces de chouettes et hiboux. La  présence de photographes et d’observateurs d’oiseaux amateurs dans ces colonies de nids est une perturbation importante dans leur processus naturel de nidification. Même si les dommages ne sont pas de suite apparents, la présence d’humains réduira le succès du cycle de nidification, la fréquence de nourrissage des oisillons et donc leur survie.  

 

  • Evitez de photographier les outardes durant la saison de reproduction et de nidification entre le 1er janvier et le 30 mai.

 

  • En règle générale, évitez absolument de sortir en voiture des routes principales car cela met en danger les espèces nidifiant.

 

  • Evitez de photographier les nichoirs des effraies des clochers et leurs environs. L’usage de flash et d’autres éclairages peuvent grandement perturber le nourrissage des petits. 


Ces lignes directrices seront mises à jour et publiées chaque année après évaluation professionnelle par les experts de la SPNI et du Service des réserves naturelles et parcs nationaux.  

 

Roller. Photo Yoav Perlman SPNI

Perspectives du projet

L’équipe mise en place pour préparer ce code de déontologie continuera à promouvoir des pratiques responsables de photographie de nature et envisage plusieurs actions :

  • Distribution périodique de mises à jour et de nouvelles lignes directrices afin de promouvoir les opportunités de prises de vues éthiques et de développer la connaissance sur les espèces vulnérables ou menacées et les habitats qu’il faut éviter.  
  • Mise en place d’un nouveau système de régulation apportant des réponses précises à ceux qui ne sont pas sûrs des protocoles adéquats, et rassemblant des données sur ce qu’il faut faire dans les cas où la nature a été endommagée par l’activité des photographes.  

 

  • Mise en œuvre d’un projet de construction d’observatoires autorisés pour ceux désirant photographier les oiseaux.  

 

Préparé par Ohad Hatzofe du Service des réserves naturelles et parcs nationaux, Dan Alon, Jonathan Meyrav et Meidad Goren de la SPNI, Micha Mendel et Moshe Cohen de l’association israélienne de photographie de nature.